ENCOURAGER  LA COMMISSION À RELEVER LE NIVEAU DE PROTECTION  POUR LES ANIMAUX D'ÉLEVAGE 

Il est indispensable que la Commission présente sans délai une législation qui ne soit ni édulcorée ni compromise. Une législation ambitieuse, éthique et progressiste, qui répond à l’appel clair de millions de citoyens de l’UE.

Élever les standards de protection des animaux 

Les institutions européennes doivent agir afin d’améliorer les normes minimales de protection des animaux actuellement en place en Europe, notamment pour les porcs et les volailles. 

N’oublier aucune espèce animale 

Il est également indispensable d’ élargir la portée de la législation sur le bien-être animal  aux espèces oubliées, notamment les poissons, les dindes, les vaches laitières et les lapins.

Soutenir une Europe sans cage d’ici cinq ans.

Plus d’1,4 million de citoyens européens ont signé l'initiative citoyenne européenne  « Pour une ère sans cages » en 2018. L’Union européenne doit donc agir rapidement pour interdire l’élevage en cage, pour tous les animaux (poules pondeuses, truies, veaux, lapins, cailles, canards et oies), dans un délai de 3 à 5 ans. 

Améliorer les conditions d'élevage des volailles 

Depuis trop longtemps, les poulets de chair et les poules pondeuses endurent des conditions d’élevage insupportables, qu’il est grand temps d’améliorer. Il s’agit notamment de réduire les densités de peuplement dans les élevages, de mettre fin aux mutilations routinières et de promouvoir l'utilisation de souches génétiques compatibles avec le bien-être animal. 

Interdire les pratiques d’abattage causant de grandes souffrances

Les connaissances scientifiques montrent clairement que l’étourdissement préalable des animaux avant l'abattage permet de diminuer leur souffrance. Par conséquent, l'abattage sans étourdissement préalable doit être interdit, en concertation avec les cultes. Enfin, il est nécessaire d’interdire l'étourdissement par bain d'eau électrifié, qui engendre de grandes souffrances. 

METTRE FIN À LA SOUFFRANCE DES ANIMAUX LORS DE LEUR TRANSPORT

Veiller à ce que les animaux soient mieux protégés lors du transport 

Une révision ambitieuse de la législation européenne pour le transport des animaux, qui permette de renforcer les règles actuelles et d’éviter la souffrance inutile des animaux. est indispensable. Conformément aux avis scientifiques et à l’appel de millions de citoyens de l’UE, du Parlement européen et de la Cour des comptes européenne, le moment est venu de faire du transport d’animaux vivants une solution de dernier recours. 

Les longs trajets ne devraient pas être autorisés, quelle que soit la finalité du transport (abattage ou élevage), et aucune dérogation ne devrait exister, car elles peuvent engendrer des lacunes qui prolongent ces trajets.

La législation devrait limiter la durée des trajets : 8 heures pour les ruminants et les porcs et 4 heures pour les lapins et les volailles. En outre, il est indispensable d'instaurer des limites strictes de températures pour le transport d'animaux dans des conditions extrêmes (chaleur et froid). 

Travailler  pour mettre fin au transport d'animaux vulnérables

Les animaux vulnérables tels que les veaux non sevrés, les femelles gravides et les animaux inaptes au transport ne doivent pas être transportés, et ce même dans le cadre d’une dérogation.

Privilégier le transport de viande et de carcasse, et non pas le transport d'animaux vivants.

L’Union européenne doit  progressivement remplacer l’exportation d'animaux vivants hors de l’UE par le commerce de carcasses et de viandes. Pour accompagner les filières, une stratégie de transition vers un commerce de viande, de carcasses et de matériel génétique doit être mise en place à l’échelle européenne. Cela doit être couplé au renforcement du maillage territorial des abattoirs et au développement de l’abattage mobile et semi-mobile. 

PROTÉGER LE BIEN-ÊTRE DES ANIMAUX AQUATIQUES

La Commission doit redoubler d'efforts pour protéger les espèces aquatiques, 

notamment en introduisant des dispositions spécifiques pour les poissons dans la révision de la législation sur le bien-être animal. 

Protéger le bien-être des poissons d'élevage et de ceux pêchés en mer 

Il est indispensable d’adopter des normes plus strictes en matière d'élevage, de transport et d'abattage des poissons élevés, mais aussi de mettre en place une meilleure protection des poissons dans le cadre de la pêche commerciale. 

Interdire l'élevage de poulpes avant qu'il ne se développe sur le territoire européen 

Ces projets d'élevages intensifs de poulpes sont déraisonnables tant d'un point de vue éthique qu'environnemental.. Ils vont à rebours des connaissances accumulées sur ces animaux hautement intelligents et sensibles et doivent, par conséquent être interdits avant même d'avoir pu se développer. 

AMÉLIORER LA PRODUCTION ALIMENTAIRE POUR NOTRE SANTÉ, LES ANIMAUX ET NOTRE PLANÈTE

Agir pour une production alimentaire durable.

La politique agricole commune doit soutenir un secteur de production alimentaire durable incluant le bien-être animal et faciliter la transition vers une production alimentaire plus saine, plus respectueuse et plus durable.

Faciliter le choix d’options végétariennes 

La politique alimentaire de l’UE doit faciliter le choix d’options végétariennes pour les consommateurs, et encourager une consommation raisonnée de produits d’origine animale de meilleure qualité. 

Réformer la politique agricole commune.

La politique agricole commune doit soutenir les agriculteurs dans l’adoption de méthodes de production alimentaire plus durables. La PAC devra contribuer à couvrir les coûts associés à des normes plus strictes en matière de protection des animaux. 

Soutenir la recherche sur la viande cellulaire

Le développement d’une production alimentaire à base de culture cellulaire (produits d’origine animale élaborés directement à partir de cultures cellulaires) a un rôle à jouer dans le développement d'alternatives alimentaires durables. Un financement accru permettrait d’accélérer le développement de ce secteur émergent, en toute sécurité et en garantissant que cette pratique respecte le bien-être des animaux. 

ADOPTER DES NORMES PLUS STRICTES POUR LES PRODUITS D’ORIGINE ANIMALE IMPORTÉS 

Renforcer les règles sur l’importation de produits d’origine animale

Toutes les  importations de produits d’origine animale en provenance de pays tiers devraient pleinement respecter la législation européenne de protection animale. Il ne doit y avoir aucune échappatoire permettant l’importation sur le marché de l’UE produits d'origine animale issus d'élevages qui ne respectent pas, a minima, les standards européens en matière de bien-être animal. 

Exiger que le Mercosur n'entraîne pas de souffrance supplémentaire pour les animaux

L’accord UE-Mercosur (officialisant un partenariat commercial entre l’UE et l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay) ne doit pas être finalisé tant que des exigences en matière de protection animale ne s’appliqueront pas à tous les produits importés de la région.

ACCÉLÉRER LA TRANSITION VERS UNE RECHERCHE SCIENTIFIQUE SANS EXPÉRIMENTATION ANIMALE 

Accélérer les progrès pour éviter, remplacer et réduire l’utilisation des animaux dans la recherche et les tests réglementaires.

Il importe que la Commission mette en place de nouvelles actions stratégiques à l’échelle de l’UE pour faciliter la transition vers l’abandon des essais réglementaires et de la recherche sur les animaux, et ce le plus rapidement possible. Elle doit donner la priorité à des domaines de recherche clés et fixer des étapes claires et réalisables.

Il s’agit notamment de développer : 

  • Un financement réaliste pour développer de nouvelles méthodes de recherche qui n’utilisent pas d’animaux
  • Un soutien à grande échelle pour créer des installations et des écosystèmes où les méthodes alternatives à l’expérimentation animale peuvent prospérer
  • Un soutien aux États membres pour qu’ils mettent en place un système de formation aux méthodes alternatives à l’expérimentation animale 
  • La diffusion des connaissances pour accroître la sensibilisation aux nouvelles technologies n’ayant pas recours aux animaux. 

Les textes législatifs doivent reconnaître les méthodes alternatives à l’expérimentation animale.

Le cadre législatif actuel doit être modifié pour permettre de tester l'efficacité et l’innocuité des substances et produits chimiques sans recourir aux animaux et pour faciliter la validation des méthodes alternatives à l’expérimentation animale. 

Soutenir la communauté scientifique dans sa transition vers des tests sans animaux.

Des millions de citoyens, scientifiques et chercheurs sont persuadés que la transition vers des tests sans animaux serait bénéfique pour la santé humaine, l’environnement et à la protection animale. Le soutien de l’Union européenne est indispensable pour que cette transition soit possible sous les plus brefs délais. 

AMÉLIORER LA PROTECTION DES ANIMAUX SAUVAGES 

Adopter une liste positive européenne, qui précise les espèces pouvant être détenues comme animaux de compagnie. 

L’Union européenne doit adopter une liste des espèces animales qui sont autorisées à être détenues en tant qu’animaux de compagnie et qui détermine celles qui peuvent être commercialisées sur le marché européen.  

Renforcer la législation européenne sur les zoos.

La législation européenne sur les zoos devrait être renforcée pour garantir qu'elle est mieux mise en œuvre dans les États membres, en garantissant des améliorations en matière de bien-être, de conservation, d'éducation et, si possible, de sauvetage des animaux, ainsi que pour fournir des définitions juridiques des centres de sauvetage et des sanctuaires.

Encourager la mise en œuvre stricte et immédiate du Plan d'action européen contre le trafic d'espèces sauvages

Cela permettrait plus de vigilance et un suivi renforcé du trafic, davantage de financement, ainsi que le respect de l'approche “Une seule santé” dans toutes les actions entreprises dans ce cadre. La capacité d'accueil des refuges pour animaux sauvages serait renforcée et leur financement accru. L'importation de trophées de chasse serait largement restreinte.

Concernant les animaux sauvages en liberté, je demande la promotion de mesures de coexistence pour atténuer les conflits humain-faune sauvage. 

Protéger et estimer les animaux sauvages 

Les animaux sauvages ont une valeur intrinsèque et écologique reconnue, et leur protection est indispensable au maintien de la biodiversité. Ainsi, les espèces vulnérables bénéficient d'un statut de protection adéquat en accord avec les dernières données scientifiques et en application du principe de précaution. Par conséquent, Il est important de développer une coexistence harmonieuse entre les hommes et les animaux sauvages en Europe, y compris les grands prédateurs (et notamment avec les loups).

D’autre part, pour tenir compte de la sensibilité des animaux sauvages, des recherches doivent être entreprises sur des méthodes non létales et plus éthiques de gestion de leurs populations.  L’Union européenne doit pleinement remplir son rôle de garant de la biodiversité pour qu'aucune chasse d'espèce protégée mettant en péril les populations ne soit autorisée.

Enfin, des mesures visant à mettre fin à la cruauté et à l’exploitation commerciale des animaux sauvages doivent être mises en place, notamment une interdiction de l’importation de produits à base de kangourous.

INTERDIRE L'ÉLEVAGE D’ANIMAUX À FOURRURE ET DE L’IMPORTATION DE PRODUITS CONTENANT DE LA FOURRURE D'ÉLEVAGE SUR LE MARCHÉ EUROPÉEN

Interdire l’élevage d’animaux à fourrure à l’échelle européenne

Fondée sur des raisons de bien-être animal, d’éthique, d’environnement et de santé publique, cette interdiction refléterait la forte opposition des citoyens de l’UE, clairement exprimée par le succès de l’Initiative Citoyenne Européenne “Pour une Europe sans fourrure”. Elle devra être adoptée le plus rapidement possible.

Mettre fin au commerce des produits contenants de la fourrure d'élevage

Les  normes européennes en matière de bien-être animal doivent être appliquées aux importations, ce qui signifie une interdiction de la vente de tous les produits contenant de la  fourrure d’élevage sur le marché européen.

PRENDRE SOIN DES ANIMAUX DE COMPAGNIE

Je pense que nos animaux de compagnie méritent d’être mieux traités.

Je souhaite que la traçabilité totale des animaux et de leurs propriétaires successifs dans l’ensemble de l’Union européenne devienne une réalité. Pour ce faire, les systèmes nationaux doivent partager des informations afin de simplifier la traçabilité transfrontalière.

Je souhaite voir de meilleures pratiques d’élevage.

La législation doit promouvoir des méthodes d’élevage qui favorisent des animaux de compagnie plus heureux et en meilleure santé. Les pratiques d’élevage d'animaux hypertypés, qui entraînent des problèmes de santé physique et des traumatismes mentaux limitant l’espérance de vie, doivent être interdites.

Les mauvaises pratiques d’élevage, de transport et de commercialisation des chats et des chiens devraient être interdites.

Je souhaite que la vente de chiens, de chats et d’équidés soit soumise à des contrôles plus stricts dans l’ensemble de l’Union européenne. Je veux que des règles plus strictes régissent chaque étape du transport, espèce par espèce.

Tous les équidés, quelle que soit la raison de leur élevage, doivent bénéficier d’un meilleur bien-être.

Que ce soit pour la compagnie, les loisirs, le travail ou la production alimentaire, le bien-être des équidés ne doit jamais se trouver entre les lignes de différentes législations. À chaque étape de leur vie, nous devons redoubler d’efforts pour maximiser leur protection. Je souhaite que la production, l’importation et la vente de l’hormone de fertilité extraite de façon extrêmement douloureuse de juments gestantes (eCG) soient interdites.

Nous devons nous assurer que tous les soigneurs sont compétents.

Nous avons besoin de meilleures lois pour veiller à ce que les soigneurs soient correctement formés aux soins des équidés, notamment à la protection de leurs besoins physiques et de leur bien-être mental.

COMMISSAIRE DÉDIÉ BIEN-ÊTRE ANIMAL

Tenir les promesses faites aux animaux et ne pas répéter l’inaction du passé

La Commission actuelle a annoncé sa volonté d'améliorer la législation relative à la protection animale. Ces objectifs ambitieux, qui sont partagés par des millions de citoyens de l’UE, doivent être soutenus.  Cependant, les actions des Commissions précédentes ont été quasi-inexistantes. Pour éviter de reproduire l’inaction du passée, et faire en sorte que la nouvelle Commission s’engage pour améliorer la protection animale, la voie à suivre est claire : il faut nommer un commissaire européen explicitement responsable du bien-être animal. 

Prendre ses responsabilités pour protéger les animaux en Europe

Le bien-être animal doit être explicitement intégré dans le titre du poste du commissaire européen concerné, et les travaux des commissions du Parlement européen sur le bien-être animal dans l’UE doivent être menés selon l’approche “Une seule santé”, en abordant de manière durable la santé des citoyens, des animaux et de l’environnement.

Traiter le bien-être animal de manière systémique 

La santé des humains, celle des animaux domestiques et sauvages, celle des plantes et de l’environnement au sens large sont étroitement liées. Aussi, les questions relatives à la protection animale devraient être traitées dans de nombreuses commissions du Parlement européen, et pas seulement dans le cadre de la Commission Agriculture.

Tous les citoyens européens sont concernés : la santé et la prospérité future de l’Union européenne dépendent de l’attention qui sera enfin accordée aux animaux.

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